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Ben Caillous, artiste exceptionnel Le 01 juillet 2017

 En ouverture du festival de théâtre, le vernissage du jeune artiste, vidéaste, auteur de BD et caricaturiste Ben Caillous a obtenu un succès grandement mérité.

 


de gauche à droite : Samuel Moli, adjoint à la culture, Francine Cruz, Présidente de l'OMC, Francis Manent, Maire de St-André, Ben Caillous


Il y a deux ans, les Français manifestaient, une pancarte, « je suis Charlie », un crayon brandi en signe de solidarité.

Vous êtes l’enfant de ce siècle, Ben, siècle à la fois barbare et éclairé, où les pires fanatiques assassinent les artistes et où nos démocraties soutiennent la liberté d ‘expression avec passion et espérance. Votre crayon est taillé, acéré comme les moustaches de vos Dali, et vous portez un message de tolérance et d’humanité. Votre Coluche, rond et rougeaud dresse le V de la victoire, c’est un autre de vos messages, la fraternité triomphera et le bras d’honneur qu’il adresse aux bien pensants nous rappelle qu’il est bon de le dire et de tout dire. Votre goût à représenter Gainsbourg provocateur et libertaire  nous le rappelle. « Parlez-nous de nous » disait Victor Hugo, c’est bien ce que vous faites avec votre bande dessinée « Sam », c’est l’histoire de notre temps, celle du peuple juif qu’on a tenté d’exterminer et  que des idéologues ont encore tenté d’assassiner. De Charlie Hebdo à l’hyper casher, il n’y avait que quelques pas. Liberté, tolérance et fraternité sont les mots que disent vos personnages.   Vous nous donnez à voir aussi votre travail de recherche, croquis après croquis, d’un point de vue à un autre, d’un trait moins régulier, plus ténu ou plus appuyé, vos personnages s’incarnent et dessinent notre propre humanité. D’une esquisse vous faites un portrait, de ce portrait, un instantané. Corps féminins pris sur le vif dans la salle d’attente d’un aéroport, enfant aviateur aux yeux d’hélice, petits princes ou adolescent obèse gonflé au redbull. Et cette mystérieuse enfant masquant son regard de son coude, marquée d’une tâche rouge. Encore un signe du dialogue que vous entretenez avec votre époque.   J’ai dit que vous étiez l’enfant de ce XXIème siècle, mais vous êtes aussi celui d’une terre, d’une culture. Dans le bleu des yeux de Dali reflètent les ressacs de Cadaquès. Des corps lascifs s’exposent à Paulilles. Je ne peux m’empêcher de voir la grand-mère et son petit-fils déambulant dans les rues de Saillagouse ou de Sorède sur ce carton misérable et sublime qui semble d’un coup se revêtir les couleurs sableuses des Albères.   Vous êtes enfin représentatif de la qualité de la vie intellectuelle de notre département, vous avez été élève de l’IDEM, l’école des arts créatifs située au Soler et serez sans doute le créateur qu’il pourront se targuer d’avoir accueilli en leur sein.   Libre et poète, discret et révolté, catalan et citoyen du monde, digne et émouvant, vos portez à Saint-André les ambiguïtés et la richesse de l’authentique créateur.      


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